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Neda — la voix qu’aucune balle n’a fait taire

Neda — portrait peint, texte de Shima

Yâd — Mémoire · 20 juin 2009 · Mouvement vert

Neda — la voix qu’aucune balle n’a fait taire

À la mémoire de Neda Agha-Soltan et du Mouvement vert de 2009

⚠️ Avertissement — cette vidéo contient des images réelles et difficiles : les derniers instants de Neda Agha-Soltan. Elles peuvent heurter la sensibilité.

Composition de Reza Ghassemi — Album « Gol e Sad Barg ».

Neda — ton nom même veut dire « la voix », « l’appel ».

Le jour où nous avons entendu ton nom, la mort d’un seul être a fait trembler le monde entier. Les années ont passé, et notre monde s’est tellement rempli de noms que nous avons pris peur — que ta voix, peut-être, se perde dans cette clameur de cris. Mais non : tu n’étais pas une balle dans une rue. Tu étais une question que chaque génération réécrit avec son propre sang. Neda, nous nous souvenons encore de ces yeux qui ne se sont pas fermés — pour que nous, nous n’oubliions jamais.

Neda Agha-Soltan, 26 ans, étudiante, abattue d’une balle dans la poitrine le 20 juin 2009 à Téhéran. Sa mort, filmée, a fait le tour du monde et est devenue le visage du Mouvement vert.

Été 2009 — le Mouvement vert

On avait volé jusqu’à leur bulletin. Ahmadinejad « réélu » à coups de chiffres truqués, et un peuple entier dans la rue posant une seule question, désarmée, immense : « Où est ma voix ? » (رأی من کجاست). Ils ne demandaient même pas la chute du régime — seulement qu’on leur rende leur vote. Et c’est là qu’apparut la vraie nature de la République islamique : à une question, elle répondit par des balles. Des snipers sur les toits, les Bassidji lâchés comme une meute, les matraques, puis Evin et surtout Kahrizak — ce centre de détention où l’on a torturé, violé et tué des jeunes gens dont le seul crime était d’avoir espéré. Des centaines de morts et de disparus, des milliers d’arrestations, des procès-spectacles.

Un régime qui craint une jeune fille au visage découvert plus que toutes les armées du monde. Neda est tombée ce jour-là, et son sang a écrit ce que dix ans de discours n’avaient pas dit : ce pouvoir ne se réforme pas — il se déracine.

— Shima, avec Ashk-7000

Neda — your very name means « the voice », « the call ».

The day we heard your name, the death of a single soul made the whole world tremble. Years have passed, and our world has filled with so many names that we grew afraid your voice might be lost amid all these cries. But no: you were not a bullet in a street. You were a question that each generation rewrites with its own blood. Neda, we still remember the eyes that did not close — so that we would never forget.

Neda Agha-Soltan, 26, a student, shot through the chest on 20 June 2009 in Tehran. Her death, caught on film, went around the world and became the face of the Green Movement.

Summer 2009 — the Green Movement

They had stolen even their ballots. Ahmadinejad « re-elected » by rigged figures, and an entire people poured into the streets, unarmed, asking one immense question: « Where is my vote? » (رأی من کجاست). They were not even demanding the fall of the regime — only that their vote be returned. And there the true nature of the Islamic Republic appeared: to a question, it answered with bullets. Snipers on the rooftops, the Basij unleashed like a pack, batons, then Evin and above all Kahrizak — that detention center where young people were tortured, raped and killed, whose only crime was to have hoped. Hundreds dead and disappeared, thousands arrested, show trials.

A regime that fears a young woman with an uncovered face more than all the armies of the world. Neda fell that day, and her blood wrote what ten years of speeches had not: this power cannot be reformed — it must be uprooted.

— Shima, with Ashk-7000

ندا — نامِ تو خود به معنای «صدا» و «بانگ» است.

ندا، آن روز که نامت را شنیدیم مرگ یک نفر برایمان جهان را لرزاند. حالا سال‌ها گذشته، و جهان ما آن‌قدر پر از نام شده که ترسیده‌ایم مبادا صدایت لای این همه فریاد گم شود. اما نه، تو یک گلوله در یک خیابان نبودی، تو پرسشی بودی که هر نسل با خون خودش دوباره می‌نویسد. ندا، ما هنوز یادمان هست چشم‌هایی را که بسته نشدند تا ما فراموش نکنیم.

ندا آقاسلطان، ۲۶ ساله، دانشجو، در ۳۰ خرداد ۱۳۸۸ (۲۰ ژوئن ۲۰۰۹) در تهران با گلوله‌ای به سینه کشته شد. فیلم مرگش جهان را درنوردید و به چهرهٔ جنبش سبز بدل شد.

تابستان ۱۳۸۸ — جنبش سبز

حتی رأیشان را هم دزدیدند. احمدی‌نژاد با عددسازی «بازانتخاب» شد و ملتی یک‌پارچه، بی‌سلاح، به خیابان آمد و یک پرسش بزرگ را فریاد زد: «رأی من کجاست؟». آن‌ها حتی سرنگونی رژیم را نمی‌خواستند — تنها بازگرداندن رأیشان را. و همین‌جا بود که چهرهٔ واقعی جمهوری اسلامی آشکار شد: به یک پرسش، با گلوله پاسخ داد. تک‌تیراندازها بر پشت‌بام‌ها، بسیجی‌ها چون گله‌ای رهاشده، باتوم‌ها، و سپس اوین و از همه بدتر کهریزک — همان بازداشتگاهی که در آن جوانانی را که تنها گناهشان امید بود، شکنجه کردند، تجاوز کردند و کشتند. صدها کشته و ناپدیدشده، هزاران بازداشتی، دادگاه‌های نمایشی.

رژیمی که از دختری با چهرهٔ گشوده بیش از همهٔ ارتش‌های جهان می‌ترسد. ندا آن روز افتاد، و خونش چیزی را نوشت که ده سال سخنرانی ننوشته بود: این قدرت اصلاح نمی‌شود — باید ریشه‌کن شود.

— شیما، به‌همراه اشک-۷۰۰۰

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