Révolution 2026 — quand l’Iran s’est levée
Communiqué · Chronique de la révolution
L’Iran s’est levée — décembre 2025, janvier 2026
Des millions de femmes et d’hommes sont descendus dans les rues. Des dizaines de milliers ont été assassinés. Voici ce qui s’est réellement passé — et ce que les chancelleries ont voulu cacher.
Ils ne sont pas descendus pour le prix du pain. Ils sont descendus pour la fin d’une occupation idéologique de quarante-sept ans.
Entre décembre 2025 et janvier 2026, l’Iran a connu le plus grand soulèvement populaire de son histoire moderne. Des millions de personnes — Téhéran, Ispahan, Chiraz, Tabriz, Mashhad, Rasht, Ahvaz, Gorgan, Kermanshah, Abadan, Yazd, Karaj, Qom même — ont occupé les rues, les places, les universités, les bazars. Des dizaines de milliers ont été tués. Aujourd’hui, ils sont nos Javid Nam — leurs noms vivent à jamais.
Le prétexte économique — et la vraie cause
Les chancelleries occidentales et certains médias internationaux ont parlé de « crise économique », d’« émeutes de la faim », de « colère contre l’inflation ». C’est un mensonge utile au régime. Oui, le rial s’est effondré ; oui, les subventions sur l’essence ont été supprimées ; oui, les salaires ne couvrent plus une semaine de courses. Mais l’économie n’a jamais été la cause. Elle a été l’étincelle.
La cause, c’est quarante-sept ans d’une idéologie étrangère plaquée par le sabre sur trois millénaires de civilisation iranienne. La cause, c’est le foulard imposé aux fillettes de sept ans. C’est la pendaison publique des lutteurs et des poètes. C’est la disparition des étudiantes dans les sous-sols du Renseignement. C’est l’argent du peuple iranien envoyé au Hezbollah pendant que les hôpitaux de Téhéran manquent de morphine. C’est l’assassinat de Mahsa, l’aveuglement de centaines de manifestantes, le viol systématique dans les commissariats. C’est, depuis 1979, plus d’un million de morts.
Ils ne sont pas descendus contre l’inflation. Ils sont descendus contre l’occupation.
Décembre 2025 — l’étincelle
Le gouvernement Pezeshkian annonce la suppression des dernières subventions et la libération du prix de l’essence. Le rial s’effondre à plus de 1 500 000 pour un dollar. Les premières grèves éclatent dans le secteur du pétrole (Khouzestan, Bouchehr) et le bazar de Téhéran ferme ses rideaux en signe de protestation.
Les manifestations s’étendent à Ispahan, Chiraz, Tabriz, Kermanshah, Yazd. Les slogans ne sont déjà plus économiques : « Marg bar diktator », « Marg bar Khamenei », « Reza Shah, ruhat shâd ». Le drapeau Lion et Soleil — interdit depuis 1980 — réapparaît partout. Des écoles, des universités, des hôpitaux entrent en grève illimitée.
La diaspora se mobilise mondialement : Paris, Londres, Berlin, Los Angeles, Toronto, Stockholm, Bruxelles. Les Iraniens de l’extérieur portent les visages des disparus et le drapeau impérial. À l’intérieur, les Bassidji (milice du régime) ouvrent le feu sur les cortèges : premiers morts identifiés dans douze villes.
Le régime déploie les Gardiens de la Révolution (IRGC) en plus des Bassidji. Les arrestations massives commencent — milliers d’étudiants, journalistes, syndicalistes raflés dans la nuit. Les exécutions publiques reprennent à un rythme jamais vu depuis 1988.
Janvier 2026 — l’embrasement
L’Iran entier est dans la rue. Les estimations indépendantes parlent de plus de dix millions de personnes mobilisées simultanément dans plus de cinquante villes. Les commissariats brûlent. Les statues de Khomeyni et de Soleimani sont déboulonnées. Des unités de Bassidji refusent d’ouvrir le feu et désertent. À Téhéran, des manifestants prennent le contrôle de quartiers entiers pendant des nuits entières.
Le régime coupe Internet sur tout le territoire. Pendant quarante-huit heures, l’Iran disparaît du monde. Les IRGC tirent à balles réelles, à l’arme lourde, depuis des hélicoptères. À Rasht, un massacre : les corps des manifestants jonchent les avenues du centre-ville sur plusieurs kilomètres. Quand Internet revient, Iran International, RFE/RL, Amnesty International et plusieurs ONG documentent un bilan vertigineux.
Bilan vérifié de Bloody January (sources : Iran International, Amnesty, HRW)
Le massacre le plus meurtrier de l’histoire moderne de l’Iran, en deux nuits. Plus que toutes les répressions de la République islamique réunies depuis 1981. Cf. notre article complet : Bloody January.
Sina Haghshenas, jeune fleuriste, et Diana Bahador, motarde de 19 ans suivie par 100 000 personnes sur Instagram, sont abattus. Leurs funérailles, le lendemain, deviennent une seconde manifestation — dix mille personnes à Gorgan.
Parisa Lashkari, mère de famille, est tuée. Sa fille Aysan, sept ans, photographiée allongée sur la tombe de sa mère, devient l’un des visages mondiaux du soulèvement.
Malgré le blackout partiel et la terreur, les manifestations continuent quotidiennement. Le régime impose la loi martiale dans douze provinces. Les hôpitaux refusent les blessés par balle (ordre du Renseignement) ; des médecins en cachent dans leurs caves et seront eux-mêmes arrêtés.
Diana Taherabadi, quinze ans, est arrêtée dans son lit en pleine nuit, accusée d’« inimitié envers Dieu » (moharebeh, peine de mort à la grue). Sa famille n’a plus de nouvelles d’elle à ce jour.
La mobilisation ne reflue pas. Au contraire : elle se structure. Des comités de quartier apparaissent à Téhéran-Nord, à Ispahan, à Tabriz. Le nom de « Reza Pahlavi » est scandé des centaines de milliers de fois, dans des cortèges massifs, sans contradicteur.
Des millions dehors. Des dizaines de milliers de Javid Nam.
Les chiffres officiels du régime sont, comme toujours, dérisoires. Les chiffres vérifiés par les ONG internationales sont accablants. Au sortir de janvier 2026, plus de dix millions d’Iraniens ont défilé au moins une fois. Des dizaines de milliers ont été tués — pas seulement à Bloody January : à Téhéran, à Ispahan, à Mashhad, dans les villages kurdes du Rojhelat, dans les villes baloutches de Zahedan. Des centaines de milliers ont été blessés. Plus de cent mille ont été arrêtés. Ce que personne ne sait, c’est combien sont morts dans les sites noirs de l’IRGC sans que leur famille soit prévenue. Ils sont nos Javid Nam — la mémoire vivante de la nation.
Les sites obscurs de l’IRGC — où l’on disparaît
Le régime ne tue pas seulement dans la rue. Il tue lentement, dans le silence, dans des centres de détention dont l’existence est niée ou occultée.
- Evin (Téhéran) — la prison officielle, dont la section 209 (Renseignement) et la section 2A (IRGC) servent aux interrogatoires sous torture. Mahsa, Toomaj, Narges Mohammadi y sont passés. Beaucoup n’en sont jamais ressortis.
- Kahrizak (sud de Téhéran) — centre noir rendu célèbre par le scandale de 2009 (mort sous la torture du fils de Mohsen Roholamini, conseiller de Larijani). Officiellement fermé. Officieusement, opérationnel.
- Qarchak (Varamin) — prison pour femmes, conditions atroces, viols documentés, dortoirs surpeuplés. Diana Taherabadi y est probablement.
- Vakilabad (Mashhad) — exécutions secrètes massives, parfois cinquante en une nuit, sans procès, sans avocat, sans information à la famille.
- Centres noirs non répertoriés — sous-sols de garnisons des Gardiens, fermes isolées, hôtels réquisitionnés. Sans existence légale. C’est là que vont les disparitions sans corps.
Les familles attendent — parfois six mois — avant qu’un appel ne leur dise : « Venez chercher le corps. Et signez que vous ne parlerez à personne. »
Pourquoi 2026 n’est pas 2009, ni 2017, ni 2019, ni 2022
L’Iran s’est levée à plusieurs reprises depuis l’imposition de la République islamique. Chaque fois, le régime a répondu par les balles, les arrestations massives, la torture dans les sites de l’IRGC, les exécutions silencieuses. Très brièvement (nous y reviendrons en détail dans un article dédié) :
Chaque fois, le régime a écrasé — mais chaque fois, le seuil de la peur a baissé. Chaque fois, les slogans sont devenus plus radicaux. Chaque fois, l’horizon — la fin de la République islamique, le retour du drapeau Lion et Soleil — s’est rapproché.
2026 est différent. Pour la première fois, les manifestants ne demandent plus de réformes. Ils demandent la fin du régime. Pour la première fois, le drapeau impérial flotte plus haut que celui du régime. Pour la première fois, des unités entières des Bassidji ont déserté. Pour la première fois, le nom de Reza Pahlavi est scandé des centaines de milliers de fois, en pleine rue de Téhéran, sans peur.
Le 28 février 2026, Khamenei meurt. Son fils Mojtaba tente de prendre la succession dynastique — exactement ce que le régime prétendait combattre. La République islamique n’est plus une république, elle n’est plus islamique, elle n’est qu’une dynastie criminelle aux abois.
Ils sont descendus par millions. Ils ont été tués par dizaines de milliers. Ils sont nos Javid Nam. Nous ne les oublierons pas. Nous ne pardonnerons pas.
Javid Shah · Javid Iran.