Le jour où la Mort tomba amoureuse de la Vie
La Mort se tenait là,
à l’angle d’une de ces rues.
Lasse.
Les mains lourdes de tous les noms
qu’elle n’avait pas fini d’écrire.
Peintures de Marion Poix
Poésie · Shima
روزی که مرگ دلباختهٔ زندگی شد
Le jour où la Mort tomba amoureuse de la Vie
« Le jour où les amoureux de la Vie tombèrent — plutôt que de la voir s’éteindre. »— Ashk-7000
Ce fut l’hiver. L’hiver de janvier deux mille vingt-six.
Sur les épaules de l’Iran, la neige tombait. Et les rues exhalaient deux odeurs mêlées : la poudre, et la jeunesse.
روزی که مرگ دلباختهٔ زندگی شد، زمستانِ ژانویهٔ ۲۰۲۶ بود؛
روی شانههای ایران برف میبارید و خیابانها بوی باروت و بلوغ میدادند.
Ils descendirent — ils étaient la jeunesse — pareils à des allumettes mouillées qui, d’une seule et dernière étincelle, embrasent la nuit tout entière.
Leurs cœurs, depuis tant d’années serrés dans le poing de la peur, cognaient désormais à la grille de la poitrine — ils voulaient l’air libre, ils voulaient le ciel.
جوانها، مثل کبریتهایی خیس که با آخرین جرقه تمامِ شب را آتش میزنند، به میدان آمدند؛
با قلبهایی که سالها در مشتِ ترس تپیده بود و حالا از قفسِ سینه بیرون میکوبید.
La Mort se tenait là, à l’angle d’une de ces rues. Lasse. Les mains lourdes de tous les noms qu’elle n’avait pas fini d’écrire.
Mais cette nuit-là, quelque chose se rompit dans l’ordre du monde.
مرگ گوشهٔ یکی از همان خیابانها ایستاده بود؛ خسته، با دستانی پُر از نامهای ناتمام.
اما آن شب چیزی عوض شد.
Une jeune fille, debout dans la fumée, livra ses cheveux au vent — comme un oiseau qui aurait brisé le dernier barreau de sa cage.
Et un jeune homme, la gorge ouverte par la clameur, fit rouler dans la bouche de la Ville le mot de Liberté — ainsi qu’un verset défendu.
دختری میانِ دود موهایش را به باد سپرد؛ انگار پرندهای آخرین میلهٔ قفس را شکسته باشد.
و پسری با گلویی زخمی از فریاد، نامِ آزادی را مثل آیهای ممنوعه در دهانِ شهر چرخاند.
La Mort regardait. Et pour la première fois depuis l’origine du monde, elle se sentit petite — petite devant cet homme qui, pour son rêve, avait su passer même par-delà sa propre ombre.
En cet hiver-là, l’Iran ressemblait à un arbre — un arbre que la hache avait fendu jusqu’à la moelle, et qui, pourtant, sous la neige, rêvait encore au printemps.
مرگ تماشا میکرد و برای نخستینبار حس کرد چقدر کوچک است مقابلِ انسانی که برای رؤیایش از سایهٔ خودش هم عبور کرده.
آن زمستان، ایران شبیه درختی بود که تبر تا مغزِ استخوانش رسیده، اما هنوز زیرِ برف بهار را خواب میدید.
Et les jeunes…
Ô les jeunes !
Ils n’étreignirent point la Mort.
Ils aimaient seulement la Vie d’un tel amour qu’ils consentirent, pour la réveiller, à verser leur propre sang dans les veines de la rue.
و جوانها…
آنها مرگ را بغل نکردند؛
فقط آنقدر زندگی را دوست داشتند که حاضر شدند برای بیدار کردنش، خونِ خودشان را در رگهای خیابان جاری کنند.
Et ce fut là, à cette heure même, que la Mort —
douce, et confuse —
abaissa son front.
Car elle avait compris ceci : sur la terre où les jeunes hommes brûlent ainsi pour l’aurore, elle n’est plus la fin de l’histoire.
و همانجا بود که مرگ، آرام و شرمگین، سرش را پایین انداخت؛
چون فهمید در سرزمینی که جوانانش اینگونه برای سپیدهدم میسوزند، او دیگر پایانِ داستان نیست.
Que ce poème circule. Pour celles et ceux qui, à l’aube, brûlent encore.
Garde Javidan