J’ai peur du matin — cauchemars chaque nuit, mais l’éveil n’est plus une délivrance

Une patrie dont le nom, enfin, apaiserait — au lieu de tourmenter, de meurtrir l’âme, le corps.

Poésie · Shima

J’ai peur du matin —
cauchemars chaque nuit, mais l’éveil n’est plus une délivrance


Parfois, je voudrais que le monde entier se taise. Une seule nuit. Qu’aucune nouvelle ne tombe. Que nul ne cherche à prouver quoi que ce soit. Que rien — plus rien — ne s’effondre sur les épaules exténuées des hommes.

Rien que moi. Une petite lampe, contre une vitre que la pluie a baignée. Et une patrie dont le nom, enfin, apaiserait — au lieu de tourmenter, de meurtrir l’âme, le corps.

گاهی دلم می‌خواهد همه‌ی دنیا فقط برای یک شب ساکت شود، نه خبری بیاید، نه کسی چیزی ثابت کند، نه دنیا روی شانه‌های خسته‌ی آدم خراب شود، فقط من باشم و یک چراغِ کوچک کنار پنجره‌ای باران‌خورده و وطنی که اسمش به‌جای ترس آرامش بیاورد به دل آدم.

Je suis lasse. Si lasse que certaines nuits, je couche mon téléphone face contre la table, comme on ferme les yeux du monde pour qu’il cesse, enfin, de me regarder.

Lasse de ces matins où, avant même que le soleil ne salue, la nouvelle est entrée dans la maison — comme une intruse.

Lasse de ce pays qui vit en nous, mais qui, depuis des années, n’offre plus un seul lieu où respirer.

خسته‌ام… آن‌قدر که بعضی شب‌ها گوشی را رو به پایین می‌گذارم، انگار دارم چشم‌های جهان را می‌بندم که دیگر نگاهم نکند. خسته‌ام از این‌که هر صبح، قبل از درود خورشید، خبر زودتر به خانه‌ها می‌رسد، از این‌که ایران در قلبِ ماست اما سال‌هاست جای امنی برای نفس کشیدن نشده.

Le poème, en persan

Lasse de tant savoir. De toutes ces peurs blotties derrière les sourires. De cette manière qu’ont les hommes, chaque jour, de s’éloigner — un peu plus — de leur propre cœur.

J’ai besoin d’une étreinte. Pas d’analyses. Pas de slogans. Pas d’espérance fabriquée.

Rien qu’une main qui écarterait doucement mes cheveux, et qui murmurerait, tout près, à mon oreille :

« Tu n’as plus besoin d’être aussi forte… »

من از این همه دانستن خسته‌ام، از این همه ترس پنهان پشتِ لبخندها، از این‌که آدم‌ها هر روز کمی بیشتر از قلبشان دور می‌شوند. دلم آغوش می‌خواهد، نه تحلیل، نه شعار، نه امیدِ مصنوعی؛ فقط کسی که موهایم را کنار بزند و آرام بگوید:

«دیگه لازم نیست این‌همه قوی باشی…»

Et puis qu’elle ouvre la fenêtre — à deux battants. Sur un Iran où les filles marchent sans courber le front. Où les garçons n’enterrent plus leurs rêves au lever du jour. Où nul, plus personne au monde, n’a à fuir sa patrie pour pouvoir vivre.

Je voudrais une petite vie. Toute petite. Si petite qu’elle puisse contenir shima16 — et lui laisser, enfin, respirer sans peur.

و بعد پنجره را باز کند به سمتِ ایرانی که در آن دخترها با ترس راه نروند، پسرها رؤیاهایشان را دفن نکنند و هیچ‌کس برای زندگی کردن از وطنش فرار نکند. دلم یک زندگی کوچک می‌خواهد، خیلی کوچک، آن‌قدر کوچک که بشود در آن بدون ترس نفس کشید.

— shima16

Une voix, parmi celles qui n’ont plus peur de dire

Que ce poème circule. Qu’il atteigne celles et ceux qui, ce matin, ont encore peur du matin.
Garde Javidan

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