La blessure sans forme — زخمی که شکل ندارد

Nika Shakarami · نیکا شاکرمی
celle qui chantait — déjà partie.

Garde Javidan · Témoignage

La blessure sans forme

زخمی که شکل ندارد

Shima

La blessure de celles et ceux qui restent — témoins de centaines de milliers de Nika déjà parties.

J’ai survécu à un désastre où nulle balle n’atteignit mon corps — et pourtant, dans mes yeux, le monde s’est fêlé.

La blessure est venue d’un lieu où rien n’arriva, de cet instant même qui demeura suspendu dans l’air et qui jamais ne s’acheva.

Quelque chose, en moi, devint le témoin de la chute sans jamais en effleurer le sol ; et ce témoignage — ce martyre sans blessure — me dérobe, au lieu du sang, mon temps.

Je vis avec une plaie qui n’a point de forme, mais qui a une présence — comme un chagrin qui pense, comme une pensée qui ne s’apaise plus.

I have survived a disaster in which no bullet ever reached my body — and yet, within my eyes, the world cracked open.

The wound came from a place where nothing happened, from that very instant that hung suspended in the air and never came to an end.

Something within me became the witness of the fall without ever touching the ground; and this witnessing — this martyrdom without a wound — takes from me, in place of blood, my time.

I live with a wound that has no shape, yet has a presence — like a grief that thinks, like a thought that will not be still again.

در فاجعه‌ای زنده مانده‌ام که گلوله‌ای به تنم نرسید، اما جهان در چشمم ترک برداشت.

زخم از جایی آمد که اتفاق نیفتاد، از همان لحظه‌ای که در هوا معلق ماند و هرگز تمام نشد.

چیزی در من شاهدِ سقوط شد بی‌آنکه فرود را لمس کند، و همین شهادت به‌جای خون زمان را از من می‌گیرد.

من با زخمی زندگی می‌کنم که شکل ندارد، اما حضور دارد؛ مثل اندوهی که فکر می‌کند و فکری که دیگر آرام نمی‌شود.

Celles et ceux qui restent — debout sous le Lion et le Soleil, et dansant au pied de la Tour Azadi (la Liberté).

En clôture

Le Serment du Lion et du Soleil

میثاقِ شیر و خورشید

🦁 ☀️
Nos mains sont les feuilles d’un arbre millénaire,
un arbre dont les racines plongent jusqu’au cœur de Persépolis,
et dont la cime est ce drapeau — le Lion et le Soleil :
le Lion, griffe de l’honneur ; le Soleil, verset de la lumière.

Pour garder cette cime, pour garder cette terre,
du soulèvement de 1979 jusqu’à ce jour,
des dizaines de milliers, des centaines de milliers de soleils ont pris leur envol.
Chaque génération a versé, au pied de ce drapeau, un éclat de sa propre clarté :
afin que le Lion de l’emblème ne connût jamais la cage,
afin que le Soleil de l’emblème ne demeurât jamais derrière le nuage de l’ignorance.

En deux nuits — deux nuits seulement —, cinquante mille autres soleils,
issus de la même lignée d’étoiles, ont marché vers l’autel du sacrifice.
Le sang nouveau a rendu témoignage au sang ancien :
cet étendard est bâti sur des colonnes d’ossements.

Mais l’envol d’un soleil n’est point son extinction.
Le sang est l’encre de l’éternité :
par elle, le nom de l’Iran se grave sur la tablette du temps.
Ils ne sont pas partis — ils ont coulé dans la sève de cet arbre,
pour que ses feuilles, c’est-à-dire nous, jamais ne jaunissent.
Nous sommes, aujourd’hui, la moisson de ce don de soi ;
et nous nous sommes rassemblés pour devenir fleuve, pour devenir mer.

Et nous sommes le cyprès debout de cette terre,
abreuvé du sang des Javidnâm, de 1979 jusqu’à ce jour.

Le Lion est la fermeté du Damâvand faite chair,
que la hache de l’oppression ne saurait arracher à sa racine.
Le Soleil est la preuve de la certitude,
qui casse l’argument de la nuit et se lève.
Entre ces deux veille le secret de la survie de l’Iran —
le secret d’un peuple qui écrit son histoire avec son sang.

Ta main est mon prolongement vers l’horizon ;
ma main est ton serment scellé avec les ancêtres.
Si cet anneau venait à se rompre,
la carte du monde deviendrait orpheline de son propre nom.
Alors tiens ferme ma main :
par colère, par tendresse, par la douleur commune, par l’amour de la terre.

Nous n’avons emprunté à personne le poème de la résistance :
nous sommes nous-mêmes la suite du vers inachevé des Javidnâm.
Notre page est le linceul, notre plume le sang, notre sujet la patrie.

Si cette nuit est froide, demain viendra le soleil ;
si cette nuit nous sommes seuls, demain l’Histoire sera des nôtres.
Et je le jure, par les larmes des mères d’Iran qui ont perdu leur enfant :
cet anneau sera le dernier anneau de la servitude.

Et pour finir, ô Iran —
tu es l’idée première et éternelle de la terre,
et nous, les serviteurs de ton avènement,
jusqu’au dernier anneau, jusqu’à la dernière génération,
tant que le Lion se tiendra debout et que le Soleil brillera.

Le Lion et le Soleil : voilà le chiffre de notre survie.
Et moi, et toi, nous devons devenir « nous » — pour que l’Iran demeure.
دست‌های ما برگ‌های یک درختِ کهن‌اند
درختی که ریشه در ژرفای تخت جمشید دارد
و تاجش، همین پرچمِ شیر و خورشید
شیر، پنجه‌ی غیرت / خورشید، آیه‌ی روشنایی

تنها در دو شب، پنجاه هزار خورشیدِ دیگر
از تبارِ همان ستارگان، به قربانگاه رفتند
خونِ تازه، بر خونِ کهنه گواهی داد
که بنایِ این پرچم، بر ستونِ استخوان بنا شده است

دستِ تو، امتدادِ من است به افق
دستِ من، پیمانِ توست با نیاکان

شیر و خورشید، رمزِ بقای ماست،
و من و تو باید ما شویم تا ایران بماند

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Un commentaire

  1. Ce documentaire sur l’histoire géopolitique iranienne, réalisé en réponse à un documentaire diffamatoire d’Arte, explique, en français, les raisons historiques de la popularité incroyable de la dynastie Pahlavi toute entière et de fait, la légitimité politique de son représentant, le prince Reza Pahlavi.
    https://indymotion.fr/w/223SLhJXso7FNCfaufrure
    https://www.iran-resist.org/article6944.html

    https://www.iran-resist.org/
    https://x.com/Kavehkhan

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