Nous sommes une mémoire debout — déclaration du 14 juin

Déclaration · Chaîne humaine du 14 juin

Nous sommes une mémoire debout

Le texte lu à voix haute lors de la chaîne humaine — en hommage à Majidreza Rahnavard et à tous les Javidnâm.

Appel international — chaîne humaine du 14 juin à Paris, Victor-Hugo à Trocadéro
  • 📅 Date — Dimanche 14 juin 2026
  • 🕒 Horaire — 15 h 00 à 17 h 00
  • 📍 Lieu — Paris, avenue Victor-Hugo jusqu’à la place du Trocadéro (16ᵉ)
  • 👕 Tenue — entièrement blanche
  • 🖼️ À apporter — la photo d’un Javidnâm
  • 🌍 Aussi — Pays-Bas (Den Haag), Allemagne (Francfort · Düsseldorf · Cologne), Belgique (Bruxelles), France (Strasbourg)

Majidreza Rahnavard — le visage qu’ils ont voulu effacer

مجیدرضا رهنورد · 1999 – 2022 · Machhad

Majidreza Rahnavard
Majidreza Rahnavard, pendu en public à 23 ans.

Majidreza Rahnavard (مجیدرضا رهنورد), né en juin 1999, avait vingt-trois ans. Il fut arrêté le 19 novembre 2022, au cœur du soulèvement « Femme, Vie, Liberté » né de l’assassinat de Mahsa Amini, et accusé d’avoir tué deux miliciens bassidji à Machhad.

Son procès ne fut qu’une parodie de justice : pour seule preuve, une vidéo floue ; pour seuls témoins, des proches du régime ; des aveux arrachés sous les coups ; un avocat de son choix refusé. En moins d’un mois, la machine judiciaire le condamna à mort pour moharebeh — « guerre contre Dieu ».

Le 12 décembre 2022, à l’aube, on le pendit en public, à une grue de chantier, devant des forces masquées et des spectateurs triés sur le volet — sa famille tenue dans l’ignorance jusqu’au bout. Il fut le premier supplicié en public du soulèvement, quatre jours après Mohsen Shekari, pendu en secret dans une prison.

Le régime voulait faire de sa mort un spectacle de terreur, pour courber une jeunesse en révolte. Ce fut l’inverse. Son visage est devenu l’icône de tout ce que la République islamique veut effacer et qui ne s’efface pas : la jeunesse, le courage, l’Iran libre. On peut pendre un homme — on ne pend pas un nom. C’est pour cela que, le 14 juin, des milliers de mains se lèvent en son nom, et au nom de tous les Javidnâm.

Sources : Center for Human Rights in Iran, Iran International, The Washington Post, Amnesty International, Wikipedia (« Execution of Majidreza Rahnavard »).

Françaisفارسی

Chers compatriotes,
Amis de la liberté,
Compagnons de l’Iran,

Aujourd’hui, nous ne sommes pas une foule : nous sommes une mémoire debout.
Et nous sommes venus, du fond de l’exil et du fond du cœur, pour un seul nom.

Un nom que la République islamique a voulu étrangler au bout d’une corde.
Un nom qu’elle a voulu raturer de la mémoire d’un peuple.
Un nom dont elle a voulu faire une terreur — et dont nous ferons un étendard.

Ce nom, écoutez-le : c’est Majidreza Rahnavard.

Un fils né du cœur de l’Iran.
Un enfant de notre peuple.
Un visage où le courage avait vingt-trois ans.
Un homme libre que la potence n’a pas fait plier.

Ils l’ont tué — et ils ont cru tuer.
Insensés ! On ne pend pas une voix.
On peut rompre une nuque ; on ne rompt pas un nom.
Ils ont saisi son corps : le silence le leur a rendu en tonnerre.

Majidreza Rahnavard est vivant — car un peuple qui se souvient ne laisse mourir personne !

Il vit dans les larmes des mères qui n’ont plus de fils.
Il vit dans le cri de la jeunesse d’Iran.
Il vit dans le regard des femmes libres que rien n’agenouille.
Il vit dans la poitrine de chaque Iranien où brûle encore ce seul mot : liberté.

Écoutez-nous : nous ne sommes pas venus pleurer. Les larmes, nous les avons versées quarante-sept ans.
Nous sommes venus réclamer justice.
Nous sommes venus témoigner.
Nous sommes venus dire, à la face du monde : ce régime n’est pas l’Iran — ce régime est le geôlier de l’Iran.

Alors nous accusons. Devant l’histoire, devant les vivants et devant les morts, nous accusons la République islamique.
Nous l’accusons d’avoir égorgé les enfants de l’Iran.
Nous l’accusons de la torture, du cachot, du gibet, de la matraque, de la faim, du vol et de la ruine.
Nous l’accusons d’avoir craché sur les femmes d’Iran.
Nous l’accusons d’avoir volé l’avenir de notre jeunesse.
Nous l’accusons d’avoir pris un grand pays, une civilisation de trois mille ans, un peuple au front haut — et d’en avoir fait une prison à ciel ouvert.

Depuis plus de quarante ans, ce régime tue au nom de Dieu.
Il ment au nom de la justice.
Il pille au nom de la révolution.
Il étrangle le peuple au nom de la république.

Mais la République islamique n’est pas l’Iran !

L’Iran, ce n’est pas la corde.
L’Iran, ce n’est pas le cachot ni la chambre de torture.
L’Iran, ce n’est pas la balle dans la rue ni la matraque sur la tempe.
L’Iran, ce ne sont pas les tribunaux de la honte et les aveux arrachés sous la douleur.

L’Iran, c’est Mahsa.
L’Iran, c’est Majidreza.
L’Iran, c’est Kian.
L’Iran, c’est Nika, Sarina, Hadis, Mohsen et Mohammad.
L’Iran, ce sont tous les Javidnâm dont le nom est monté plus haut que tous les mensonges de ce régime.

Et nous n’avons rien oublié !

Nous n’avons pas oublié les enfants fauchés.
Nous n’avons pas oublié les yeux qu’on a éteints d’une balle.
Nous n’avons pas oublié les mères courbées sur des tombes.
Nous n’avons pas oublié les prisonniers sans nom, jetés dans l’oubli comme une pierre au fond d’un puits.
Nous n’avons pas oublié les corps volés aux familles.
Nous n’avons pas oublié les cris derrière les murs des prisons — ces cris que la nuit croyait engloutir.

Et parce que nous n’avons rien oublié, nous voici debout.

Aujourd’hui, d’une ville à l’autre, d’un continent à l’autre, les Iraniens se prennent la main et forment une seule chaîne vivante.
Une chaîne de mémoire.
Une chaîne de justice.
Une chaîne d’honneur.
Une chaîne qui s’appelle Iran.

Et au cœur de cette chaîne, droit comme un serment, se dresse le drapeau au Lion et au Soleil.

Ce drapeau n’est pas un morceau d’étoffe.
Ce drapeau est la mémoire de tout un peuple.
Ce drapeau est la preuve que l’Iran ne meurt pas.
Il était avant la République islamique ; il flottera encore sur sa tombe.

Le drapeau au Lion et au Soleil est le drapeau de la nation iranienne !

Il est aux martyrs.
Il est aux prisonniers.
Il est aux mères endeuillées.
Il est aux exilés.
Il est à l’Iran qui n’est pas encore né et qui vient.

À vous, nos frères et nos sœurs restés au pays, par-dessus les murs et les frontières, nous crions :
Vous n’êtes pas seuls.
Nous entendons votre voix dans la nôtre.
Nous portons votre douleur comme on porte un feu.
Nous hurlons vos noms pour qu’aucun ne s’éteigne.

Votre combat est notre combat !

À vous, nations libres du monde, nous disons :
Ne fermez pas les yeux.
La République islamique n’est pas un gouvernement comme les autres.
Ce régime est une machine à broyer les hommes.
Il est l’ennemi de la liberté, l’ennemi de la paix, l’ennemi de la dignité humaine.
Choisissez : le peuple d’Iran, ou ses bourreaux. On ne serre pas d’une même main celle du supplicié et celle du bourreau.

Et à toi, République islamique, à toi qui écoutes, nous disons :
Tu peux tuer des corps — tu ne tueras pas un peuple.
Tu peux pendre un jeune homme — tu ne pendras jamais la mémoire d’une nation.

Tu trembles devant une photographie.
Tu trembles devant un nom.
Tu trembles devant une femme aux cheveux libres.
Tu trembles devant un enfant qui se tient droit.
Tu trembles devant un drapeau.
Et tu as raison de trembler.

Car un peuple qui n’oublie pas, c’est l’aube qui se lève ! Zahaak, le serpent qui dévore la jeunesse, a régné quarante-sept nuits — et jamais, jamais une nuit n’a vaincu le matin !

Majidreza Rahnavard — ton nom est vivant.
Javidnâm d’Iran — vos noms sont vivants.
Votre sang n’a pas coulé pour le silence : il a coulé pour la lumière.
Votre mémoire nous tient debout, épaule contre épaule.
Votre courage nous interdit de nous asseoir.

Nous voulons un Iran libre.
Nous voulons un Iran laïque.
Nous voulons un Iran un et indivisible.
Nous voulons un Iran au front haut.
Un Iran où jamais plus un enfant ne montera sur l’échafaud pour avoir aimé la liberté.
Un Iran où jamais plus une femme ne sera frappée pour une mèche de cheveux.
Un Iran où jamais plus un enfant n’aura peur de l’État.

Vive la mémoire des Javidnâm d’Iran !
Vive le drapeau au Lion et au Soleil !
Vive la nation iranienne !
Vive l’Iran libre !
Jâvid Shâh !

هم‌میهنان گرامی،
دوستان آزادی،
یاران ایران،

امروز اینجا ایستاده‌ایم برای یک نام.

نامی که جمهوری اسلامی خواست آن را با طناب دار خاموش کند.
نامی که خواست آن را از حافظه مردم ایران پاک کند.
نامی که خواست از آن ترس بسازد.

این نام، مجیدرضا رهنورد است.

جوانی از دل ایران.
فرزندی از ملت ایران.
چهره‌ای از شجاعت.
نمادی از ایستادگی و آزادگی.

او را کشتند.
اما صدایش را نکشتند.
او را به دار آویختند.
اما نامش را به دار نکشیدند.
پیکرش را گرفتند.
اما یادش را نتوانستند از دل مردم ایران بیرون بکشند.

مجیدرضا رهنورد زنده است، چون ملت ایران او را فراموش نکرده است.

او زنده است در اشک مادران داغدار.
او زنده است در فریاد جوانان ایران.
او زنده است در نگاه زنان آزاده ایران.
او زنده است در دل هر ایرانی که هنوز آزادی را باور دارد.

امروز ما فقط برای سوگواری نیامده‌ایم.
ما برای دادخواهی آمده‌ایم.
ما برای شهادت آمده‌ایم.
ما آمده‌ایم تا بگوییم: این رژیم نماینده ایران نیست.

ما جمهوری اسلامی را متهم می‌کنیم.
متهم می‌کنیم به کشتن فرزندان ایران.
متهم می‌کنیم به شکنجه، زندان، اعدام، سرکوب، فقر، فساد و ویرانی.
متهم می‌کنیم به تحقیر زنان ایران.
متهم می‌کنیم به ربودن آینده جوانان ایران.
متهم می‌کنیم به تبدیل یک کشور بزرگ، یک تمدن کهن، یک ملت سربلند، به زندانی بزرگ.

بیش از چهل سال است که این رژیم به نام دین می‌کشد.
به نام عدالت دروغ می‌گوید.
به نام انقلاب غارت می‌کند.
به نام جمهوری، ملت را سرکوب می‌کند.

اما جمهوری اسلامی، ایران نیست.

ایران، طناب دار نیست.
ایران، زندان و شکنجه‌گاه نیست.
ایران، گلوله و باتوم نیست.
ایران، دادگاه‌های شرم‌آور و اعتراف‌های اجباری نیست.

ایران، مهساست.
ایران، مجیدرضاست.
ایران، کیان است.
ایران، نیکا، سارینا، حدیث، محسن و محمد است.
ایران، همه جاویدنامانی است که نامشان از دروغ‌های این رژیم بلندتر مانده است.

ما فراموش نکرده‌ایم.

ما کودکان کشته‌شده را فراموش نکرده‌ایم.
ما چشم‌های نابینا شده را فراموش نکرده‌ایم.
ما مادران داغدار را فراموش نکرده‌ایم.
ما زندانیان بی‌نام و نشان را فراموش نکرده‌ایم.
ما پیکرهایی را که از خانواده‌ها ربودند، فراموش نکرده‌ایم.
ما فریادهای پشت دیوارهای زندان را فراموش نکرده‌ایم.

و چون فراموش نکرده‌ایم، هنوز ایستاده‌ایم.

امروز ایرانیان در شهرهای مختلف جهان، دست در دست هم، زنجیره انسانی تشکیل داده‌اند.
زنجیره‌ای از یاد.
زنجیره‌ای از دادخواهی.
زنجیره‌ای از شرف.
زنجیره‌ای از ایران.

و در قلب این زنجیره، پرچم شیر و خورشید ایستاده است.

این پرچم فقط یک پارچه نیست.
این پرچم حافظه تاریخی ملت ایران است.
این پرچم نشانه تداوم ایران است.
نشانه ایرانی است که پیش از جمهوری اسلامی بود، و پس از جمهوری اسلامی هم خواهد بود.

پرچم شیر و خورشید، پرچم ملت ایران است.

این پرچم از آنِ شهیدان است.
از آنِ زندانیان است.
از آنِ مادران داغدار است.
از آنِ تبعیدیان است.
از آنِ نسل آینده ایران است.

به هم‌میهنانمان در داخل کشور می‌گوییم:
شما تنها نیستید.
ما صدای شما را می‌شنویم.
ما درد شما را با خود حمل می‌کنیم.
ما نام شما را فریاد می‌زنیم.

نبرد شما، نبرد ماست.

به دولت‌های آزاد جهان می‌گوییم:
چشم خود را نبندید.
جمهوری اسلامی یک حکومت عادی نیست.
این رژیم ماشین سرکوب است.
این رژیم دشمن آزادی، دشمن صلح و دشمن کرامت انسان است.
کنار مردم ایران بایستید، نه کنار جلادان مردم ایران.

و به جمهوری اسلامی می‌گوییم:
شما می‌توانید جسم‌ها را بکشید، اما نمی‌توانید یک ملت را بکشید.
شما می‌توانید جوانی را به دار بیاویزید، اما نمی‌توانید حافظه یک ملت را به دار بیاویزید.

شما از یک عکس می‌ترسید.
از یک نام می‌ترسید.
از یک زن آزاد می‌ترسید.
از یک جوان ایستاده می‌ترسید.
از یک پرچم می‌ترسید.
و حق دارید بترسید.

چون ملتی که فراموش نمی‌کند، ملتی است که برمی‌خیزد.

مجیدرضا رهنورد، نام تو زنده است.
جاویدنامان ایران، نام شما زنده است.
خون شما برای سکوت ریخته نشد.
یاد شما ما را کنار هم نگه می‌دارد.
شجاعت شما ما را به ادامه راه وادار می‌کند.

ما ایران آزاد می‌خواهیم.
ایران سکولار می‌خواهیم.
ایران یکپارچه می‌خواهیم.
ایران سربلند می‌خواهیم.
ایرانی که در آن هیچ جوانی برای آزادی اعدام نشود.
ایرانی که در آن هیچ زنی برای موهایش کتک نخورد.
ایرانی که در آن هیچ کودکی از حکومت نترسد.

زنده باد یاد جاویدنامان ایران.
زنده باد پرچم شیر و خورشید.
زنده باد ملت ایران.
زنده باد ایران آزاد.
جاوید شاه.

پاینده ایران، جاوید شاه
Pâyandeh Irân — Jâvid Shâh

— Darioush Kalantari, Paris

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